Catégorie : « Friday thoughts »

  • La lecture… élévation de l’esprit et de l’âme

    💭 Pensée du Vendredi

    Dr. Alaa Al-Tamimi

    La lecture n’est pas un luxe, ni un simple passe-temps pour ceux qui ont du temps à perdre.

    C’est un ordre venu du ciel — le premier mot de la Révélation fut : Lis.

    Depuis cette origine divine, lire est devenu un acte de lumière, un chemin par lequel l’humanité s’élève au-dessus de l’instinct et de l’ignorance.

    Ne dis pas : Je n’aime pas lire.

    Le problème n’est pas la lecture elle-même, mais que tu n’as pas encore découvert ton domaine de passion.

    Cherche-le, et tu verras qu’à chaque page lue, un nouvel horizon s’ouvre en toi et t’élève doucement vers la conscience.

    La lecture fait la différence :

    on la devine dans la manière d’écrire une phrase,

    dans le ton de la voix, dans la façon de poser une question,

    dans le moment choisi pour envoyer un message,

    même dans la manière de s’excuser ou de s’émerveiller.

    Elle façonne le caractère comme le feu purifie l’or.

    Les premiers musulmans l’avaient compris.

    Al-Jâhiz, grand écrivain de Bassorah, louait la nuit l’échoppe des copistes pour y lire jusqu’à l’aube —

    comme si le savoir était pour lui une prière qui ne supporte pas le retard.

    Mais toute lecture n’est pas source d’élévation.

    De même que la nourriture peut nourrir ou empoisonner,

    les livres peuvent éclairer ou égarer.

    Lire sans discernement, c’est risquer d’avaler le mensonge enveloppé d’éloquence.

    Certains écrits ne cherchent pas à transmettre la vérité, mais à orienter les esprits pour des desseins cachés.

    Lis donc avec conscience, non avec naïveté :

    car la lecture sans esprit critique peut être plus dangereuse que l’ignorance —

    elle sème l’illusion sous l’apparence du savoir.

    Comme l’a écrit Umberto Eco :

    « Celui qui ne lit pas ne vit qu’une seule vie, même s’il atteint soixante-dix ans ;

    celui qui lit en vit cinq mille. »

    Mais ces cinq mille vies ne portent fruit que si la lecture est guidée par la raison et la lucidité.

    On demanda un jour à Aristote :

    « Comment jugez-vous un homme ? »

    Il répondit : « Je lui demande combien de livres il lit — et lesquels. »

    Ainsi, la lecture n’est pas seulement un loisir :

    c’est une responsabilité,

    un acte quotidien qui éveille l’esprit et élève l’âme.

  • « Intellectuels du copier-coller » : quand la culture se réduit au copier-coller

    « Intellectuels du copier-coller » : quand la culture se réduit au copier-coller

    Dans un monde où la vitesse a pris le pas sur la contemplation, et la quantité sur la qualité, il est devenu facile pour quelqu’un de revendiquer la culture d’un simple clic, ou d’être présenté comme un penseur avec une simple citation en passant. Aujourd’hui, j’aborde deux phénomènes répandus dans le paysage intellectuel arabe contemporain : l’intellectuel qui se contente de répéter les idées des autres sans les examiner ni prendre position, et l’intellectuel clickbait qui transforme une interaction superficielle en une prétention à la conscience.

    Cet article est une invitation à faire une pause, à réfléchir et à poser une question simple et profonde :

    À une époque où l’intellectuel était considéré comme la conscience de la nation, sa conscience critique et son soutien intellectuel, un autre modèle déformé et hybride est apparu, similaire en apparence mais différent dans son essence : l’intellectuel du transfert, suivi, avec l’émergence de la technologie et des médias numériques, par l’intellectuel du clicker.

    Un transmetteur cultivé est quelqu’un qui mémorise des textes, récite des dictons et se vante des dictons et des idées qu’il a recueillis auprès des autres sans faire aucun effort pour les comprendre ou les critiquer. Il lit pour citer, non pour analyser, et il transmet pour impressionner, non pour déconstruire. Il présente les textes tels qu’ils sont, ce qui peut induire en erreur l’auditeur ou le lecteur, se persuadant qu’il fait partie de « l’élite » simplement parce qu’il a lu, entendu ou participé à une séance culturelle.

    Puis vint l’ère du clic, où le simple fait de cliquer sur un bouton, de copier un lien ou de publier une citation fantaisiste sur les réseaux sociaux suffisait à donner à certaines personnes un faux sentiment de connaissance. Ce qui nécessitait autrefois du temps de réflexion et d’analyse se réduit désormais à un simple clic, sans contexte, sans profondeur et sans responsabilité intellectuelle.

    Le problème ne réside pas dans la transmission elle-même, car la connaissance et l’accumulation de connaissances se construisent sur la transmission et la compréhension, mais plutôt dans la mentalité qui ne fait pas de différence entre transmission et imitation, et entre écoute et réflexion. Chez un intellectuel qui reproduit les idées des autres, non pas pour s’appuyer sur elles ou pour être en désaccord avec elles, mais pour confirmer ce qui a été dit, tel qu’il a été dit, sans effort, sans questionnement ni prise de position.

    Nous vivons aujourd’hui à une époque où les voix se mêlent au bruit, où l’abondance des publications dépasse la profondeur de la pensée et où l’arène culturelle est encombrée de gens qui « prétendent savoir sans le posséder réellement ». Tous ceux qui lisent un texte ne prennent pas conscience de son contenu, et tous ceux qui cliquent sur un lien ne deviennent pas partie prenante de sa signification.

    La culture n’est pas un luxe, c’est une forme de résistance. Il résiste à la superficialité, à la prétention et à l’imitation aveugle. Cette résistance commence par un moment de courage où une personne cesse de se répéter et se demande : Est-ce que je crois en ce que je transmets ? Est-ce que ce que je partage me reflète vraiment ?

    En conclusion, un véritable intellectuel est celui qui éclaire les recoins obscurs, même avec un seul mot, et non celui qui comble les vides.

    Évitez d’être juste un émetteur… ou un celui qui clique.

    Soyez une voix, pas un écho

  • Fiers de parler la langue de la démocratie

    Fiers de parler la langue de la démocratie

    Le soir de l’annonce des résultats des récentes élections canadiennes, j’ai suivi la scène devant mon écran avec une attention soutenue. Les responsables ont annoncé les résultats définitifs avec rapidité et précision, confirmant que le Parti libéral avait remporté le plus grand nombre de sièges parlementaires, assurant ainsi le maintien des libéraux au pouvoir. Ce qui m’a captivé à ce moment-là, ce n’était pas seulement le résultat, mais la manière dont il a été accepté. J’ai vu les chefs des partis rivaux, qui venaient tout juste de participer à des débats houleux, sortir pour offrir leurs félicitations dans un langage poli, des discours calmes et responsables, exempts d’insultes et d’accusations de trahison, et remplis de promesses de continuer à travailler dans l’opposition au service des citoyens. En tant que Canadien, j’étais fier : tel est le vrai visage de la démocratie. Ce n’est pas seulement la victoire qui crée la grandeur, mais l’acceptation de la défaite avec dignité et la reconnaissance de la volonté du peuple sans remettre en question la légitimité de l’élection ni l’intégrité du système. J’ai ensuite pensé à comparer la situation aux États-Unis, dont la Constitution est le symbole de la démocratie depuis sa fondation en 1766. Malheureusement, nous observons aujourd’hui la dégradation du langage et les vagues de scepticisme entourant les résultats des élections entre les partis républicain et démocrate. L’image de la démocratie y a été ternie aux yeux du monde, et les campagnes électorales se sont transformées en batailles personnelles, empreintes d’accusations et d’hostilité, sapant la confiance des citoyens américains dans leurs institutions et véhiculant une image déformée de la démocratie américaine.

    Plus inquiétant encore, si l’on observe les pays en développement, la dégradation du langage politique n’est pas un phénomène passager, mais plutôt une culture bien ancrée. Là-bas, les politiciens trahissent leurs adversaires pour leurs divergences d’opinion, les accusant de trahison et transformant leur rivalité en opposition existentielle plutôt qu’en compétition légitime. Nombre de nos systèmes politiques manquent de maturité pour accepter la défaite, comme si perdre signifiait exclusion et non apprentissage.

    Mon message aujourd’hui, aux sociétés qui cherchent encore à construire de véritables démocraties, est le suivant : la démocratie ne se résume pas aux urnes ni aux chiffres annoncés sur les écrans. C’est une culture du respect. Respect des concurrents, respect des opinions des autres, respect de la volonté des électeurs et respect des institutions.

    Si nous aspirons à des démocraties solides, nous devons d’abord changer notre langage politique. Nos sociétés ne peuvent prospérer si les partis continuent de considérer leurs adversaires politiques comme des ennemis existentiels. Les citoyens ne respecteront pas non plus les résultats des élections si leurs dirigeants continuent de semer le doute avant chaque scrutin.

    Tirons les leçons de ces scènes

    et réfléchissons : comment pouvons-nous cultiver dans nos sociétés une culture de la reconnaissance de l’autre ? Comment pouvons-nous faire des élections une occasion de construire des ponts, et non de creuser des tranchées ?

  • Le Canada n’est pas à vendre… Carney et l’ingéniosité de la confrontation avec Trump

    Le Canada n’est pas à vendre… Carney et l’ingéniosité de la confrontation avec Trump

    Lors de la récente rencontre entre le président américain Donald Trump et le premier ministre canadien Mark Carney à la Maison-Blanche, Trump a réitéré sa proposition controversée concernant l’annexion du Canada aux États-Unis, la justifiant en affirmant qu’il considérait le Canada comme une occasion en or pour un promoteur immobilier. Comme à son habitude, Trump a formulé ses remarques sur un ton sarcastique, mêlant sérieux et humour, mais elles véhiculaient des messages incontournables, surtout lorsqu’elles émanaient du chef d’un pays de la taille des États-Unis. Ce qui était frappant dans cette scène, c’était non seulement le contenu de la proposition, mais aussi la manière dont Carney a choisi de réagir. Au lieu de réagir ou de l’interrompre, Carney a préféré écouter jusqu’au bout, conservant un langage corporel calme exprimant malaise et rejet, sans interrompre le discours de Trump ni manifester la moindre tension. Cette attitude à elle seule était un message, suggérant que le Canada n’est même pas prêt à discuter de propositions aussi absurdes. Puis, avec un bref sourire et un ton calme mais décisif, Carney a déclaré :

    « Le Canada n’est pas à vendre. Même dans le monde du développement immobilier, certaines choses ne sont pas à vendre… Prenons l’exemple de la Maison-Blanche.»

    Grâce à ce double sens, Carney a pu remettre les pendules à l’heure, utilisant le même langage que Trump – celui du marché et de l’immobilier – pour lui renvoyer la balle et lui donner une leçon de souveraineté et de dignité nationale. Sa réponse était non seulement intelligente dans son contenu, mais aussi parfaitement opportune, prenant Trump de court, qui a simplement baissé la tête et souri, reconnaissant implicitement sa défaite verbale face à cette réponse concise et éloquente.

    Cet incident résume avec éloquence comment la diplomatie sereine et l’art d’être un homme d’État peuvent triompher des démonstrations de force. Alors que Trump cherchait à imposer un ton dominant depuis sa position, Carney l’a confronté d’une manière qui a fait comprendre à tous que le Canada, malgré ses relations étroites avec son principal voisin, ne met pas sa souveraineté sur la table des négociations.

  • Le Golfe ne fait qu’un, mais chaque rive a sa propre histoire.

    Le Golfe ne fait qu’un, mais chaque rive a sa propre histoire.

    Au milieu des méandres de l’histoire et des conflits du présent, le Golfe est disputé sur les noms, tout comme les nations le sont sur lui. Pour les Arabes, c’est le « Golfe Arabique », et pour les Iraniens, c’est le « Golfe Persique », mais au fond, il reste le témoin des changements du temps et des luttes de pouvoir.

    D’une superficie de 251 000 km² et d’une profondeur moyenne de 50 mètres, ce bras marin s’étend du Chatt al-Arab au nord jusqu’à la mer d’Arabie au sud, portant en lui des richesses qui en ont fait le « cœur énergétique mondial ». Il est entouré par l’Iran et sept pays arabes, chacun avec sa propre histoire, ses propres droits et ses propres intérêts.

    Les Sumériens l’appelaient la « Mer de la Terre de Dieu », puis la « Grande Mer du Lever du Soleil », avant qu’Alexandre le Grand ne la nomme « Mer Persique » au IVe siècle avant J.-C. Les Arabes l’appelaient le « Golfe de Bassorah » et le « Golfe d’Oman ». Les géographes musulmans tels qu’al-Hamawi et al-Dhahabi ont même utilisé les deux noms dans leurs écrits. En Occident, les cartes européennes adoptèrent le nom persan, tandis que les anciens Romains l’appelaient le « golfe Arabique ».

    Le récit iranien considère le « Golfe Persique » comme le seul nom reconnu internationalement et s’y réfère comme une identité nationale. Ils célèbrent même chaque année la « Journée nationale du Golfe Persique ».

    Le récit arabe confirme que le nom arabe est ancien et reflète une réalité démographique et géographique, où les tribus arabes s’étendent des deux côtés jusqu’à la côte iranienne.

    Au milieu de cette tension, le président américain Donald Trump a officiellement introduit le terme « Golfe Arabique », une démarche non dénuée de connotations politiques et source de nouvelles discordes entre les pays de la région et l’Iran. Dans un monde où la géopolitique est en conflit, les étiquettes restent un outil d’hégémonie. Mais l’histoire nous rappelle que les mers ne sont pas possédées, elles sont partagées. La mer que les Perses appelaient « Perse » et que les Arabes appelaient « Arabique » est la même mer qui a été témoin d’une coexistence commerciale et culturelle pendant des milliers d’années.

    En effet, la multiplicité des noms pour les mêmes cours d’eau n’est pas un phénomène exceptionnel ; La Manche, qui sépare la France et la Grande-Bretagne, est connue en Grande-Bretagne sous le nom de Manche. Il en va de même pour la mer du Japon, que la Russie appelle la mer de l’Est, et que la Corée appelle la mer de l’Est de Corée. Ces exemples nous rappellent qu’un nom reflète parfois une perspective, et non une vérité absolue, et que la reconnaissance mutuelle ne se construit pas sur des mots mais sur des compréhensions.

    Tout comme les différentes mers ont eu de nombreux noms à travers les âges – de la mer de Qulzum à la mer Rouge, de la mer Caspienne à la mer Caspienne – le Golfe, aux yeux des sages, restera un symbole de connexion, et non de division. Au lieu de transformer le Golfe en une arène de conflit, les pays riverains devraient s’inspirer de son histoire commune comme voie de coopération, car la richesse n’est pas protégée par la rhétorique, mais par la sagesse.

  • Des sourires après des débats houleux : un point de vue du Canada avant les élections

    Des sourires après des débats houleux : un point de vue du Canada avant les élections

    Dr Alaa Al Tamimi

    18 avril 2025

    Bienvenue, comme promis, nous nous réunirons tous les vendredis pour discuter de certaines questions qui préoccupent beaucoup d’entre nous, et je serais heureux de vous suggérer tout sujet que vous souhaiteriez aborder.

    Hier, j’ai regardé le débat entre les chefs des partis politiques canadiens. C’était comme une partie d’échecs houleuse, avec des arguments mêlés de sourires et des critiques mêlées de poignées de main. Ils se disputent avec véhémence devant les caméras, puis dès que les lumières s’éteignent, ils échangent des salutations et des sourires comme si de rien n’était.

    Les élections approchent à grands pas et les Canadiens voteront dans seulement 10 jours, alors que la campagne politique bat son plein. L’économie, le logement, le changement climatique et même les relations avec les États-Unis étaient des sujets clés, mais plus important que tout cela était le sentiment que cette démocratie essayait toujours de maintenir un certain sens de sophistication, même au milieu des désaccords.

    La course électorale de cette année oppose quatre grands partis, chacun ayant une vision différente de l’avenir du Canada :

    Le Parti libéral, dirigé par Mark Carney, cherche à poursuivre les politiques de réforme libérales, en mettant l’accent sur l’équilibre entre l’économie et la justice sociale. Carney, issu du milieu bancaire international, se présente comme un leader calme qui sait gérer les crises.

    Le Parti conservateur, dirigé par Pierre Poilievre, se concentre sur l’économie, la réduction des impôts et l’arrêt de ce qu’il appelle les « dépenses libérales excessives ». Son discours s’adresse à la classe moyenne et aux propriétaires de petites entreprises, avec un ton parfois populiste.

    Le Nouveau Parti démocratique (NPD), dirigé par Jagmeet Singh, représente la gauche progressiste et réclame un élargissement des soins de santé, une augmentation des impôts sur les riches et une justice climatique et sociale.

    Le Bloc Québécois, dirigé par Yves-François Blanchet, met l’accent sur les droits des habitants du Québec et la promotion de son identité propre, sans nécessairement rechercher l’indépendance, mais en plaçant la particularité culturelle française au cœur de tout débat politique.

    Entre sérieux et diplomatie

    J’ai été frappé par le contraste entre leur langage corporel et leur discours : ils parlaient durement, mais sans haine. Ils sont clairement en désaccord, mais ils n’oublient pas de se sourire à la fin. Un spectacle rare à une époque où la politique détruit de nombreuses valeurs.

    C’est peut-être l’un des messages que le Canada envoie au monde, et un message également aux jeunes : que différence ne signifie pas hostilité, et que la politique peut être un espace de discussion, et non une arène de conflit.

    À l’approche du jour du scrutin, la question la plus importante demeure : qui gagnera la confiance du peuple ?

    Mais, et c’est peut-être le plus beau dans tout cela, les gens ici ont pleinement le droit de choisir.

    Quant à moi, venant d’un monde où l’on connaît le nom du vainqueur avant même que les bulletins de vote ne soient imprimés, j’ai regardé le débat non seulement avec curiosité, mais aussi avec un désir ardent de savoir à quoi devrait ressembler la politique lorsque les intentions sont pures et la raison respectée.

  • Quand la ville nous rend heureux

    Quand la ville nous rend heureux

    Avez-vous déjà réfléchi à l’impact de l’apparence de votre ville sur votre état psychologique au quotidien ? Comment les trottoirs, les bâtiments et les espaces verts vous rassurent-ils ou vous angoissent-ils ? Les villes ne sont pas seulement des lieux de vie ; ce sont des environnements qui façonnent directement notre qualité de vie et notre bonheur.

    Depuis le début de l’urbanisation, les villes ont subi de profondes transformations, passant d’étroites ruelles piétonnes à de larges rues dominées par la circulation automobile. Cette transformation a modifié notre rapport à la ville et, par conséquent, notre perception du bonheur.

    La ville, source de réconfort… ou de stress

    Des recherches suggèrent que l’aménagement urbain influence profondément le bonheur et le sentiment d’appartenance de ses habitants. Lorsqu’une ville offre des espaces publics spacieux et polyvalents, tels que de larges trottoirs bordés d’arbres, des parcs ouverts et des espaces de rencontre communautaires, les habitants se sentent intégrés à un tissu de quartier propice aux interactions, et non à l’isolement.

    Les communautés qui encouragent les interactions sociales et quotidiennes grâce aux espaces publics parviennent davantage à créer un sentiment de confiance et d’appartenance collective. Ici, le bonheur ne se résume pas à un sentiment de joie passager, mais à se sentir vu, accueilli et actif au sein de sa communauté.

    Une planification intelligente améliore la vie

    Les experts en urbanisme s’accordent désormais à dire que réduire l’usage de la voiture et encourager les habitants à marcher ou à utiliser les transports en commun contribue à améliorer la qualité de vie. La marche améliore la santé physique, favorise les interactions humaines spontanées, stimule l’économie locale et réduit la pollution.

    Si nous accordons de l’importance à l’intimité, des relations humaines solides restent le facteur déterminant de la qualité de vie. Les villes qui encouragent les rencontres, les regards croisés et les sourires spontanés produisent des citoyens plus heureux et plus en sécurité.

    Les Émirats arabes unis : un modèle de bonheur urbain

    Selon le Rapport mondial sur le bonheur 2025, les Émirats arabes unis se classent au 21e rang mondial en termes d’indicateurs de bonheur parmi les pays arabes.

    Ce résultat est dû à un ensemble de politiques et de pratiques intelligentes, notamment :

    Des investissements importants dans des infrastructures et des équipements publics durables ;

    L’existence d’un système complet de soutien social dans les domaines de la santé, de l’éducation et du logement ;

    Des indicateurs élevés de liberté individuelle et d’opportunités économiques.

    Sensibilisation accrue des gouvernements à l’importance de la qualité de vie urbaine.

    Cela a permis aux Émirats arabes unis de présenter un modèle de ville arabe moderne qui place l’humain au cœur de sa planification et fait du bonheur un objectif national clair.

    Que dit le Rapport mondial sur le bonheur ?

    Le Rapport mondial sur le bonheur, publié chaque année par le Réseau des solutions pour le développement durable des Nations Unies depuis 2012, mesure le bonheur dans plus de 140 pays selon divers critères, notamment :

    PIB par habitant

    Soutien social

    Espérance de vie en bonne santé

    Liberté individuelle

    Générosité et solidarité communautaire

    Niveaux de confiance et de corruption

    L’une des questions les plus révélatrices du rapport est :

    « Si vous perdiez votre portefeuille, pensez-vous que vous le récupéreriez si votre voisin, un inconnu ou la police le retrouvait ?» Cette question mesure la confiance sociétale, une composante essentielle du bonheur et de la sécurité.

    Quand la ville devient un projet partagé

    Le bonheur urbain ne se construit pas uniquement par l’aménagement, mais plutôt par le sentiment d’être des partenaires de la ville, et non plus seulement des résidents. Une ville dynamique permet de se promener en toute sécurité, de s’asseoir dans un parc sans stress, de rencontrer des gens qui vous sourient sans raison et de discuter avec ses voisins sans crainte.

    En fin de compte, la ville n’est pas un lieu où l’on vit, mais une entité que nous créons ensemble.

    Créons des villes à l’image de nos rêves.

    Les villes reflètent nos choix, notre mode de vie et nos valeurs. En repensant leur aménagement dans une perspective durable et humaine, nous ne recherchons pas une ville parfaite, mais plutôt une ville bienveillante, respectueuse et respectueuse de la dignité humaine.

    💬 Invitation au dialogue :

    Votre ville influence-t-elle votre humeur et votre bonheur ?

    Qu’aimez-vous ou qu’est-ce qui vous manque dans votre environnement urbain ?

    Selon vous, comment pouvons-nous rendre nos villes plus humaines ?

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